
Avec le nouveau logo Nutri-score, chaque aliment est étiqueté en fonction de sa teneur en gras, sucre, sel et son niveau calorique. Objectif : écarter les produits favorisant le plus l’obésité.
Quelque 7 millions de Français seraient obèses, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé. Soit 15 % de la population, sachant qu’un tiers des adultes est par ailleurs en surpoids. Ce constat alarmant a poussé les Pouvoirs publics à mettre au point un logotype nutritionnel pour juguler cette épidémie.
Conçu en 2016 par Santé publique France, l’autorité nationale de santé, sous l’égide de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine, le logo Nutri-Score a pour objectif d’inciter les consommateurs à écarter les produits alimentaires riches en gras, en sel et en sucre, en vue de lutter notamment contre la progression de l’obésité.
Du vert au rouge
Inspiré d’un modèle britannique, Nutri-Score propose une échelle de cinq couleurs auxquelles sont associées des lettres de A à E. La palette chromatique va du vert (lettre A) qui signale les aliments bons pour la santé au rouge (lettre E) pour les produits à éliminer. Les couleurs sont déterminées en fonction de quatre critères : l’apport calorique pour 100 grammes, la teneur en sucre, en graisses saturées et en sel.
Ces indicateurs sont pondérés en fonction du pourcentage de fruits, de légumes, de légumineux ou d’oléagineux. A titre d’exemple, un paquet de biscuits type « chocos », riche en sucres et lipides, obtient la couleur orange (lettre D), tandis qu’une compote en tube, composée essentiellement de fruits, se voit appliquer la couleur verte (lettre A). Sans surprise, le pot de mayonnaise arrive bon dernier avec la couleur rouge (lettre E).
Logo facultatif
Ce code couleurs a été jugé comme étant facile à comprendre pour les consommateurs. Avant de le mettre au point, soixante supermarchés situés dans quatre régions de France ont participé pendant dix semaines à l’évaluation comparative de quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel, en conditions réelles d’achat. Parallèlement, une seconde étude a été menée en laboratoire auprès de 800 personnes pour mesurer l’impact de cinq systèmes différents.
Les conclusions sont les mêmes pour les deux enquêtes : l’étiquetage a une véritable influence sur les intentions d’achat des consommateurs. Et le logo Nutri-Score s’avère particulièrement efficace, notamment sur les foyers aux revenus les plus faibles.
Reste à savoir si les enseignes de la grande distribution et les industriels de l’agro-alimentaire acceptent de le mettre en place, son application étant facultative. Si plusieurs distributeurs et marques de consommation se sont très vite engagées à étiqueter leurs produits, d’autres et pas des moindres ont fait part de leur scepticisme et plaidé pour un autre système. Sans leur appui, Nutri-Score risque d’avoir des difficultés à s’imposer.